« Le
cinéma n'apporte aucune consolation. Car il s'agit de pellicule, et
la pellicule est loin d'être aussi savoureuse qu'une glace. C'est
une matière physico-chimique, plus salé du côté de l'émulsion à
cause des acides – lorsqu'on y passe la langue. Je ne sais pas s'il
procure une meilleure santé. Mais il ne fait pas le bonheur. Qui
plus est, à mon âge, il n'excite plus vraiment mon petit ego. Ce
que j'aurais voulu ? J'aurais voulu ne pas être cinéaste, ne pas être
artiste, être quelqu'un d'ordinaire, traversant imperceptiblement le
grand magma social. Cela suppose une certaine jalousie : ce n'est pas
la jalousie de ne pas être un grand cinéaste comme Murnau, mais la
jalousie de ne pas être affable et sympathique comme le mari de ma
concierge. Je n'y arrive pas.
Parce que je touche à des choses qui ont à voir avec la création,
avec l'art. »
João César Monteiro, Público, 1995
(trad. Pierre Delgado)
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